Le message arrive le soir : « Le bien est-il toujours disponible ? On aimerait le visiter. » Vous calez un créneau, vous prévenez le vendeur, vous traversez la ville. Sur place, vous découvrez que les acheteurs n'ont pas encore vu leur banque, ou que la maison ne correspond pas du tout à ce qu'ils cherchent. La visite était perdue avant même d'avoir commencé.
Trier les demandes ne veut pas dire filtrer les gens. Il s'agit de comprendre le projet de chaque acheteur avant de se déplacer, pour lui montrer les bons biens et garder votre temps pour ceux qui sont prêts.
Ce que pèse une visite inutile
Un acheteur visite plusieurs biens avant de se décider, c'est normal. En 2014, une étude du Crédit Foncier menée auprès de 3 700 Français en donnait la mesure : les ménages qui avaient acheté leur résidence principale dans l'année avaient visité près de 7 biens en moyenne, après environ 7 mois de recherche.
Ces chiffres datent un peu, mais ils montrent l'essentiel : chaque achat passe par plusieurs visites, et une partie des acheteurs ne va jamais au bout. Pour un agent, la question n'est donc pas d'éviter les visites, mais de faire en sorte que chacune serve à quelque chose, à l'acheteur comme à vous.
Les quatre questions à poser avant la visite
Quatre réponses suffisent pour savoir si une visite a du sens. Posez-les en même temps que vous proposez un créneau, avec simplicité : un acheteur sérieux comprend très bien pourquoi vous les posez.
- Le projet. Résidence principale, investissement, résidence secondaire ? Achat seul ou après la vente d'un autre bien ? Un acheteur qui doit d'abord vendre n'a pas le même calendrier.
- Le financement. Le budget a-t-il été discuté avec une banque ou un courtier ? Une simple simulation suffit à cette étape, l'important est que le chiffre repose sur quelque chose.
- Les critères qui comptent vraiment. Pas la liste idéale, mais les deux ou trois points sans lesquels le bien ne conviendra pas : nombre de chambres, extérieur, secteur, travaux acceptés ou non.
- Le délai. Doit-il avoir emménagé à une date précise, ou commence-t-il seulement à regarder ? Les deux méritent une réponse, mais pas la même.
Ces questions portent sur le projet, jamais sur la personne. Le Code pénal interdit de refuser un service en raison de l'origine, de la situation de famille ou de tout autre critère de son article 225-1. Trier les demandes, c'est trier des projets.
Ce que vous pouvez faire dès cette semaine, sans outil
- Écrire une réponse type. Un message qui remercie, confirme que le bien est disponible, et pose les quatre questions en quelques lignes. Vous n'avez plus qu'à l'adapter au bien concerné.
- Mettre l'essentiel dans l'annonce. Prix, honoraires, surface, travaux, diagnostics. Chaque information claire évite une visite qui n'aurait servi qu'à la découvrir.
- Proposer d'autres biens quand celui-ci ne convient pas. Une demande qui ne correspond pas au bien n'est pas une demande perdue. Si le projet est solide, c'est un acheteur à garder dans votre fichier.
- Grouper les visites. Deux ou trois visites qualifiées d'affilée sur un même secteur valent mieux que des allers-retours dans la journée.
- Relancer après chaque visite. Un message deux ou trois jours après, pour recueillir l'avis de l'acheteur. Vous savez où il en est, et le vendeur aussi.
Projet, financement, critères, délai : quatre réponses avant de prendre la route. Elles ne servent pas à écarter des acheteurs, mais à leur montrer le bon bien au bon moment.
Ce qu'un outil peut prendre en charge
Poser ces questions à chaque demande, le soir, après une journée de visites, c'est là que ça coince. C'est ce qu'Aelto fait à votre place pour les agents immobiliers.
Chaque demande est lue et qualifiée
Dès qu'un acheteur écrit, sa demande est analysée : le bien qui l'intéresse, son projet, son budget, ce qu'il cherche. Une fiche acheteur est créée, et vous recevez un résumé sur votre téléphone, avec une indication de priorité. Si la demande ne correspond pas au bien, les biens de votre portefeuille qui lui iraient mieux sont repérés.
La réponse est prête, vous la validez
Une réponse est rédigée avec votre ton : elle répond à la question posée et demande les informations qui manquent. Vous l'envoyez d'un geste, ou vous la gardez en brouillon pour la retoucher. Quand le projet est clair, vous proposez la visite et l'acheteur choisit lui-même son créneau.
La visite est confirmée, rappelée, puis relancée
L'acheteur reçoit la confirmation de sa visite, puis un rappel la veille. Après la visite, un message part pour recueillir son avis, et les relances suivent si personne ne répond. Quand un nouveau bien entre dans votre portefeuille, les acheteurs dont les critères correspondent peuvent en être prévenus.
Ce qui reste à vous
L'outil fait le tri du quotidien. Il ne décide pas à votre place. Un acheteur au projet encore flou peut devenir un excellent client dans six mois, et c'est votre connaissance du secteur et des gens qui fait la différence pendant la visite. La règle reste la même : l'automatisation prend le prévisible, vous gardez l'humain. On en parle plus en détail dans quoi automatiser dans son activité, et ce qui doit rester humain.
Sources
- Crédit Foncier, « Parcours d’acquisition de la résidence principale : du rêve à la réalité », étude auprès de 3 700 Français, avril 2014. PDF de l'étude
- Code pénal, articles 225-1 et 225-2 (discriminations). legifrance.gouv.fr